Quinze ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le secteur continue de tirer les enseignements de cet accident majeur. Le démantèlement se poursuivra jusqu’en 2050-2060, avec extraction de 880 tonnes de corium. Les eaux contaminées traitées par le système ALPS sont rejetées en mer selon les normes AIEA. La France a créé la Force d’action rapide du nucléaire (FARN) en 2014, capable d’intervenir en moins de 24 heures. Les EPI nucléaires doivent protéger contre l’irradiation et la contamination radiologique, la POLYCOMBI® OUVRY équipant la FARN.
Quinze ans après la catastrophe de Fukushima, le secteur nucléaire continue de tirer les enseignements de cet accident majeur. Démantèlement en cours, rejets en mer, renforcement des dispositifs d’intervention, évolution des équipements de protection : tour d’horizon de la situation actuelle et des enjeux de radioprotection pour les opérateurs.
1. La catastrophe nucléaire de Fukushima : rappel des faits
La catastrophe nucléaire de Fukushima est encore dans toutes les mémoires. Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 ébranle la préfecture de Fukushima, située à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Il entraîne l’arrêt automatique des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et la mise en route des groupes électrogènes. Moins d’une heure plus tard, un tsunami dû au tremblement de terre déferle sur le littoral, et une vague de 15 m de haut s’abat sur la centrale. Cela provoque la panne des groupes électrogènes, et une coupure d’électricité générale. Il s’ensuit une combinaison de vulnérabilités techniques et organisationnelles qui causent l’arrêt des systèmes de refroidissement de secours des réacteurs et des piscines de désactivation des combustibles irradiés. Le défaut de refroidissement induit la fusion totale ou partielle de trois réacteurs, qui entraîne des rejets radioactifs. Ceux-ci sont aggravés par les incendies et explosions qui se produisent dans les jours suivants. La population est évacuée et une zone de mise à l’abri est instaurée jusqu’à 30 km à la ronde.
2. Situation actuelle à la centrale de Fukushima Daiichi
2.1. Démantèlement de la centrale
Compte tenu de l’ampleur des dégâts et des difficultés d’intervention, le démantèlement s’avère extrêmement complexe : il faut extraire quelque 880 tonnes de corium, mélange de combustible nucléaire, de produits de fission et de matériaux de structure du réacteur. Un premier prélèvement a été réalisé en 2024. Le démantèlement complet des installations est prévu à l’horizon 2050-2060, un calendrier qui semble difficilement tenable.
2.2. Rejet en mer des eaux contaminées
Le Système avancé de traitement des liquides (ALPS) mis en place à Fukushima est un processus de filtration qui permet d’éliminer la quasi-totalité des radionucléides de l’eau contaminée autres que le tritium avant son rejet dans l’environnement. Les eaux rejetées en mer sont cependant réalisées dans les normes de sûreté internationales établies par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
3. Conséquences en matière de radioprotection
3.1. Renforcement des dispositifs d’intervention nucléaire
C’est une protection insuffisante contre une catastrophe naturelle majeure qui a déclenché la série de défaillances à l’origine de l’accident nucléaire de Fukushima, et non un dysfonctionnement nucléaire initial. Ces circonstances ont incité les États à questionner et analyser leurs dispositifs d’intervention en cas de catastrophes de cette nature.
En France, EDF [12] a créé la Force d’action rapide du nucléaire (FARN) [13] en 2014 : cette unité unique au monde est en mesure d’intervenir sur toutes les centrales nucléaires du territoire en moins de 24 heures en cas d’accident grave. Elle dispose de moyens matériels et de tenues dédiés et de formations spécifiques à la sûreté nucléaire et à la gestion de crise. Elle a pour mission d’intervenir dans des situations extrêmes, qui dépassent largement les hypothèses envisagées lors de la conception des sites nucléaires.
Les autorités françaises ont dans le même temps élargi le rayon d’intervention du Plan particulier d’intervention (PPI) de 10 à 20 km autour des centrales nucléaires.
4. Quel EPI dans le nucléaire ?
4.1. Typologie des risques radiologiques
Les interventions dans les centrales nucléaires nécessitent de se protéger contre deux types de risques :
- le risque d’irradiation : l’individu est exposé à des rayonnements ionisants émis par une source radioactive. La gravité dépend du type de rayons, et de la dose de l’exposition. Le risque associé au rayonnement nucléaire est influencé par plusieurs facteurs, notamment la distance à la source de rayonnement, le temps d’exposition, et la protection par des boucliers
- le risque de contamination radiologique : la contamination radiologique se réfère à l’entrée involontaire de matières radioactives dans l’organisme, par ingestion, inhalation ou contact cutané. On distingue ainsi :
- contamination externe : des radionucléides présents dans l’environnement se déposent sur la peau ou les vêtements
- contamination interne : les matières radioactives pénètrent dans l’organisme, par exemple, par ingestion ou inhalation
Ces deux types de contamination peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, et il est crucial de surveiller et de protéger les personnes exposées à ces risques.

5. Performances et limites des EPI dans le nucléaire
Le niveau de protection offert par une tenue de protection individuelle (EPI) [14] face au risque d’irradiation dépend fortement du type de rayonnement en cause.
Les EPI protègent très bien contre la contamination, mais beaucoup moins contre l’irradiation externe, surtout pour les rayonnements très pénétrants (du type rayonnements X et Gamma). Pour ces rayonnements dits pénétrants, les opérateurs chercheront à se protéger avec des boucliers comme des tabliers de plomb ou utiliseront la téléopération.
5.1. Expertise OUVRY pour la protection NRBC en environnement nucléaire
La POLYCOMBI® [15]mise au point par OUVRY est une tenue perméable à l’air, qui repose sur l’utilisation d’un média filtrant composé de microbilles de carbone activé. À la différence des scaphandres ou des tenues étanches, elle évacue la chaleur et la sueur rapidement et offre un meilleur confort d’utilisation. Elle garantit une protection contre les particules radioactives de type 5-B.
La POLYCOMBI® équipe la FARN.

OUVRY propose aussi les lingettes DECPOL RAD®, [16] qui permettent de décontaminer manuellement tous types de surfaces et d’équipements, ainsi que la peau.
Membre du pôle Nuclear Valley [17], le groupe est déjà très présent dans le domaine des EPI pour le nucléaire. Son intégration en 2025 au programme Accélérateur nucléaire a encore accentué son engagement en faveur de la protection des opérateurs du nucléaire.
6. Questions fréquentes
Que s’est-il passé lors de la catastrophe de Fukushima en 2011 ?
Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 suivi d’un tsunami avec une vague de 15 m de haut ont frappé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. La panne des groupes électrogènes a causé l’arrêt des systèmes de refroidissement, entraînant la fusion totale ou partielle de trois réacteurs et des rejets radioactifs aggravés par des incendies et explosions. Une zone d’évacuation de 30 km a été instaurée.
Quelle est la situation actuelle du démantèlement de Fukushima ?
Le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi s’avère extrêmement complexe. Il nécessite l’extraction de 880 tonnes de corium, mélange de combustible nucléaire et de matériaux du réacteur. Un premier prélèvement a été réalisé en 2024. Le démantèlement complet est prévu à l’horizon 2050-2060, un calendrier qui semble difficilement tenable compte tenu de l’ampleur des défis techniques.
Qu’est-ce que la Force d’action rapide du nucléaire (FARN) ?
La FARN est une unité unique créée par EDF en 2014 suite aux enseignements de Fukushima. Elle peut intervenir sur toutes les centrales nucléaires françaises en moins de 24 heures en cas d’accident grave. Elle dispose de moyens matériels spécifiques, de tenues de protection comme la POLYCOMBI® OUVRY, et de formations dédiées à la sûreté nucléaire et à la gestion de situations extrêmes.
Quels sont les deux types de risques radiologiques dans le nucléaire ?
Les interventions nucléaires nécessitent de se protéger contre deux risques : le risque d’irradiation (exposition aux rayonnements ionisants émis par une source radioactive) et le risque de contamination radiologique. Cette contamination peut être externe (dépôt de radionucléides sur la peau ou les vêtements) ou interne (pénétration de matières radioactives dans l’organisme par ingestion, inhalation ou contact cutané).
Comment la POLYCOMBI® OUVRY protège-t-elle les opérateurs nucléaires ?
La POLYCOMBI® est une tenue perméable à l’air utilisant un média filtrant composé de microbilles de carbone activé. Contrairement aux scaphandres étanches, elle évacue rapidement la chaleur et la sueur pour un meilleur confort. Elle garantit une protection contre les particules radioactives de type 5-B et équipe la FARN. OUVRY propose aussi les lingettes DECPOL RAD® pour la décontamination des surfaces et de la peau.